30 août 2026 · Michael Adams
Procès Mkhwanazi : le GPS du véhicule de Sibande le situe sur la scène du crime
Les données électroniques du véhicule de Sibande le placent chez Mbense, au cœur des débats.
Le système de localisation automatique des véhicules de la South African Police Service a placé l'ancien sergent Bhekokwakhe Sibande sur les lieux du décès de l'homme d'affaires Emmanuel Mbense. Ce positionnement électronique est devenu la question centrale du procès pour meurtre instruit, ce jeudi, devant le tribunal de première instance de Brakpan, contre Julius Mkhwanazi, chef adjoint suspendu de l'Ekurhuleni Metropolitan Police Department, et cinq co-accusés.
Les six prévenus répondent des chefs d'accusation de meurtre et de dissimulation du corps de Mbense. Sibande, deuxième accusé au dossier, est un ancien sergent de la SAPS qui s'est rendu au domicile de Mbense en dehors de ses heures de service, au volant d'un véhicule de fonction, après avoir reçu un message WhatsApp. L'officier enquêteur a indiqué au tribunal que le protocole de la SAPS interdit formellement à un agent hors service de se déployer de sa propre initiative sur une scène de crime.
C'est là que la ligne de fracture procédurale se dessine le plus nettement.
Devant la cour, l'officier enquêteur a été sans détour : "La SAPS ne manque pas de membres pour couvrir une scène de crime quand c'est nécessaire. Si vous n'êtes pas de service, vous n'êtes pas de service ; c'est à quelqu'un en poste d'intervenir." Cette déclaration engage directement la question du commandement et de l'autorisation. Sibande a soutenu qu'il avait quitté les lieux dès que d'autres agents en mesure d'assurer la relève étaient arrivés. L'officier enquêteur a opposé à cette version un cadre réglementaire sans ambiguïté : toute scène de crime en Afrique du Sud relève de la compétence exclusive de la SAPS, et aucun agent ne peut en abandonner le contrôle sans procéder à une remise formelle auprès d'officiers supérieurs. Aucun élément attestant d'une telle remise n'a été versé au dossier.
L'absence de traçabilité d'un transfert de commandement ne constitue pas un défaut administratif mineur. Elle touche directement à la chaîne de responsabilité et pose la question de savoir si le départ de Sibande représentait la conclusion régulière d'une intervention ou une sortie non autorisée d'une scène sur laquelle il n'avait aucun mandat de présence.
La défense a contesté ce cadre d'analyse. L'avocat de Sibande a fait valoir que son client n'a jamais exercé le commandement de la scène, qu'il y a trouvé d'autres agents déjà en place à son arrivée, et qu'il est parti lorsque son assistance n'était plus requise. La défense a également mis en cause l'identification de Sibande comme l'un des deux policiers en uniforme mentionnés par le témoin Marius van der Merwe, figure citée dans le cadre de la Commission Madlanga, en soutenant que cette identification ne saurait être présumée.
Par contraste, la configuration probatoire d'ensemble place en tension deux récits antagonistes : celui de l'accusation, fondé sur une implication policière coordonnée, et celui de la défense, qui présente la présence de Sibande comme fortuite et régulièrement conclue. C'est à l'aune de cette opposition que le tribunal devra apprécier la part de culpabilité de chacun des prévenus.
Les six accusés sollicitent leur mise en liberté sous caution. L'examen de la conduite de Sibande lors de cette intervention hors service révèle les enjeux institutionnels qui traversent l'ensemble du procès : qui a autorisé quoi, quels protocoles gouvernaient les comportements sur place, et si la chaîne de commandement a été respectée ou délibérément contournée.
Pour les praticiens des procédures pénales impliquant des personnels en uniforme, la question opérationnelle est précise : le défaut de remise formelle documentée suffit-il à disqualifier la version de Sibande, ou le tribunal retiendra-t-il la thèse défensive d'une présence incidente et dûment conclue ? La réponse, attendue au fil de la continuation des débats (dont la prochaine audience n'a pas encore été fixée à l'heure de cette publication), conditionnera la manière dont la cour distribuera la responsabilité entre des accusés dont les rôles respectifs sur la scène restent, pour l'heure, fermement disputés.