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2 août 2026

Prédation du bétail : l'Afrique du Sud encadre la gestion des animaux sauvages nuisibles

Les pertes annuelles de bétail dépassent trois milliards de rands, poussant Pretoria à encadrer les méthodes létales.

Le 2 juillet, le Département des forêts, de la pêche et de l'environnement a publié un projet de lignes directrices portant sur la gestion des animaux causant des dommages, avec une période de consultation publique close le 2 août. Le texte couvre les procédures relatives au piégeage, à l'empoisonnement, à la poursuite par des chiens, à la relocalisation et à l'abattage d'animaux sauvages responsables de pertes de bétail, de dégâts aux cultures ou de menaces envers des personnes. La prémisse économique est explicite: le document de contexte du département lui-même chiffre les pertes formelles en bétail imputables à la prédation par le chacal à chabraque et le caracal à plus de 3 milliards de rands par an. C'est ce montant qui ancre politiquement l'initiative. Le problème structurel central du document est inscrit dans son intitulé même. Il s'agit de lignes directrices, non d'un instrument juridique contraignant. Sous le National Environmental Management: Biodiversity Act (communément désigné sous l'acronyme Nemba), seules les normes et standards créent des exigences nationales opposables. Des lignes directrices ne peuvent être appliquées directement; elles n'acquièrent de portée contraignante que si elles sont expressément intégrées dans les conditions d'un permis individuel. Ce vide produit une application hétérogène selon les provinces: une autorité peut imposer qu'un piège-cage soit ombragé et inspecté toutes les vingt-quatre heures, tandis qu'une autre délivre un permis sans conditions comparables. Le professeur Rob Slotow, spécialiste de la législation sur la faune sauvage, formule la contradiction sans détour. "Un standard minimum est un standard. Le document est rédigé comme des lignes directrices constituant un standard minimum. Cela n'a donc aucun sens", déclare-t-il. Il est tout aussi direct quant aux conséquences opérationnelles: "Si ce n'est pas stipulé dans le permis, ce n'est pas une condition et ce n'est pas une exigence. Ces lignes directrices n'ont aucune force." Le texte se concentre principalement sur la protection des ovins, des caprins et des autres petits animaux d'élevage, ainsi que sur les dommages causés aux cultures par les babouins et les porcs-épics. Pour les propriétaires fonciers, il existe une incitation à démontrer que le dommage a bien eu lieu, à identifier l'animal responsable et à prouver que des mesures préventives ont été tentées. Les options non létales recensées comprennent les kraals, les clôtures, les colliers de protection, le gardiennage, les animaux de garde, l'éclairage, les alarmes, le suivi GPS et les pièges photographiques. Pour les interventions plus sévères, le projet prescrit des garanties spécifiques. Les pièges-cages doivent être ombragés, conçus pour prévenir les blessures et inspectés au moins une fois par jour. Les pièges à mâchoires sont qualifiés de dernier recours et doivent disposer de mâchoires décalées ou rembourrées. Les chiens peuvent pister ou débusquer les animaux, mais ne peuvent pas les tuer. Les colliers empoisonneurs et les dispositifs à éjection de poison sont soumis à des exigences de positionnement, de signalisation et d'élimination. Slotow reconnaît que ces dispositions pourraient réduire les abattages indiscriminés, mais son objection porte sur le principe: les interventions les plus dures sont précisément celles qui nécessitent des standards contraignants, non de simples orientations volontaires. "Si vous posez un piège à mâchoires sans avoir respecté tous ces points, vous allez infliger une souffrance intentionnelle à un animal. C'est un standard", affirme-t-il. Une deuxième lacune tient à l'absence totale des notions de bien-être animal. Le Nemba intègre désormais le bien-être parmi ses exigences. Le projet parle quant à lui de réduction des abattages indiscriminés et des souffrances, ce que Slotow qualifie d'approche réactive. Une logique centrée sur le bien-être interrogerait d'abord la prévention du conflit et la possibilité d'éviter entièrement les effets négatifs. Le document impose aux propriétaires fonciers une obligation de prendre des mesures préventives raisonnables, sans leur fournir d'orientations pratiques sur ce que cette prévention devrait concrètement recouvrir selon les différents types de paysage. Le déséquilibre est particulièrement marqué pour les communautés rurales riveraines des zones protégées. Les propriétaires commerciaux disposent d'une longue expérience des demandes de permis et des recours aux services de l'État. Les communautés rurales exposées aux éléphants, aux lions et aux autres animaux quittant les réserves sont souvent moins en mesure d'influer sur le processus et ne peuvent généralement pas intervenir elles-mêmes. Ce projet relance une démarche bloquée depuis des années. Des normes et standards nationaux avaient été publiés sous forme de projet en 2010, puis à nouveau en 2016, sans jamais être finalisés. Le nouveau document reprend largement la structure antérieure en changeant simplement l'étiquette juridique, passant des normes et standards aux lignes directrices. Le département présente ce texte comme une mesure provisoire, sans indiquer à quoi il est censé aboutir. Slotow plaide pour qu'un dispositif provisoire comporte un mécanisme d'apprentissage structuré: suivi cohérent des incidents et des décisions de permis, compilation nationale des résultats, révision des lignes directrices à la lumière de l'expérience. Le projet inclut des dispositions de rapport et un formulaire détaillé d'incident, mais aucune trajectoire claire entre l'orientation provisoire et la loi définitive. Il subsiste également une lacune taxonomique embarrassante. Le contexte de fond est dominé par les prédateurs du bétail, mais les lignes directrices sont suffisamment larges pour s'appliquer aux éléphants et aux lions. Or les éléphants causant des dommages relèvent déjà de normes et standards nationaux spécifiques, que le projet ne mentionne pas parmi les textes de référence applicables. Sans trajectoire déclarée vers une loi contraignante, la question reste ouverte: ce texte provisoire constitue-t-il un point de départ ou, comme ses prédécesseurs de 2010 et 2016, un substitut durable à la décision?